La France a établi une liste de 41 crânes de résistants en prévision de leur restitution à l’Algérie

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« Une liste de 41 crânes identifiés provenant d’Algérie » a été « transmise à l’Elysée » en prévision de leur restitution, a affirmé le président du Muséum français d’histoire naturelle, Bruno David, lors d’un entretien accordé à l’AFP.

 » Sur les 18.000 crânes du monde entier conservés au musée, dont l’immense majorité ne sont pas identifiés, « une liste de 41 crânes provenant d’Algérie » a été « transmise à l’Elysée ». Et que parmi eux, il y a, a la fois des résistants, mais également des Algériens ayant combattu avec les Français mais aussi possiblement des « droits communs », a-t-il précisé.

Selon le même responsable,  il a été établi  que sept crânes sont, de manière indubitable, sont ceux de résistants algériens dont ceux du cheikh Bouziane, chef de la révolte des Zaâtcha. Il a été capturé par les Français avant d’être fusillé puis décapité en 1849. Il y aussi le crâne de l’un de ses lieutenants (dont la tête est momifiée).

Ils sont entrés dans les collections du Muséum en 1880. Figure aussi le crâne du célèbre Mohammed Lamjad ben Abdelmalek, dit chérif « Boubaghla », initiateur d’une révolte populaire, tué en 1854.

Le musée de l’Homme a établi que six autres crânes étaient ceux d’Algériens ayant combattu aux côtés de l’armée française, et décédés de maladie.

Enfin, « il y a 28 crânes qui nécessitent un approfondissement de leur identification », a souligné Bruno David avertissant que « parmi eux, il est possible qu’il y ait des détenus de droit commun mais aussi des gens morts à l’hôpital et également des résistants algériens ».

Le Musée de l’Homme est un musée de France dont les collections sont inaliénables. Ces crânes lui ayant été donnés, ils ne peuvent sortir des collections nationales que grâce à une loi que la France va préparer. « Pour notre part nous sommes prêts. Nous attendons les instructions du gouvernement », dit Bruno David.

Le président du Muséum français d’histoire naturelle a soutenu que les crânes sont rangés dans des armoires fermées à clef, dans des salles fermées à clef réfutant la critique selon laquelle ces crânes seraient « calfeutrés dans de vulgaires boîtes cartonnées, qui évoquent les emballages de magasins de chaussures ».

Une critique réfutée par Bruno David qui affirme qu' »il s’agit de boîtes spécifiquement destinées aux collections et coûteuses. Ces crânes sont rangés dans des armoires fermées à clef, dans des salles fermées à clef ».

 

Il a souligné que « dès mon arrivée à la tête du Muséum fin 2015, j’ai décidé que l’on n’aurait plus le droit de voir ces crânes, par respect pour ces restes humains identifiés. Moi-même je ne les ai jamais vus ».

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