Intervenant ce dimanche sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale, l’ex-ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a appelé à l’abandon du système des subventions généralisées et de passer au système des subventions ciblées.

« Le passage au régime des subventions ciblées permettra à l’Etat de gagner les deux tiers du budget consacré actuellement aux subventions et qui a été, en 2017, de l’ordre de 1 760 milliards de dinars. », a-t-il affirmé.

Il a jugé à la même occasion que l’indispensabilité de la révision de l’actuel système des subventions en raison de son important coût budgétaire», faisant remarquer au passage que ce dernier « perturbe les marchés et empêchent la concurrence de jouer son rôle.»

Il a indiqué que « cette révision fait partie d’un bouquet de mesures relatives à l’ouverture de l’investissement, du champ économique et du développement des revenus. Il a suggéré qu’ : «il faut, décélérer sur les subventions et accélérer sur l’investissement». Si l’expert est convaincu de la nécessité d’en finir avec le système des subventions généralisées, il reste, toutefois ambivalent, au risque même de se contredire, sur la démarche à adopter pour y parvenir.

Ainsi, Benkhalfa commence par recommander : «un passage graduel qui doit permettre d’augmenter les revenus par l’augmentation de l’investissement économique», pour avouer sèchement plus loin qu’il «plaide en faveur d’une méthode qui n’est pas lisse, de préparer les conditions pour passer à une phase où l’ensemble des produits devraient changer de prix». Pour lui, cette méthode est facile mais difficile à mettre en œuvre, il pense que la méthode lisse a certains inconvenants de ne pas mettre en place la compensation, parce qu’elle doit totale et pas partielle.

Pour cette question de subventions généralisées, Benkhalfa a précisé que sur 1760 milliards de dinars, « l’Etat a dépensé 350 milliards/DA sur le logement, et plus de 450 milliards/DA sur la santé, alors que les soins dans nos hôpitaux sont gratuits. Les œuvres universitaires qu’il faut repenser et cibler, il y a une mise en ordre de ce grand système qui est jusqu’à présent fait entre 8% et 10% du PIB », a-t-il signalé.

D’autres part, l’invité de la radio a souligné que : « l’Etat a un grand système pour la protection sociale », précisant que cette dernière ne fait pas partie de la subvention et elle ne sera pas touché. « Il existe des subventions à destination sociale, il y a les bonifications de taux d’intérêt, il y a aussi les réductions et les exonérations fiscales pour les investisseurs, mais la on fait une étude de sensibilité, ce n’est pas la même chose de reculer sur le sucre et reculer sur les médicaments, ce n’est pas la même chose de reculer sur le lait et la semoule, donc il y a des études de sensibilité qui va permettre côte à côte les produits subventionnés et le savoir sur où et comment et à quel degré on recule, sur le prix qu’on peut reculer de 10% à faire reculer, on peut enlever la subvention sur 10 à 15% sur la semoule, peut-être un peu plus parce que nous avons beaucoup de gaspillage dessous. »

Par rapport au soutien du dinar, Benkhalfa dira que : « sur le marché officiel et depuis 2014, la Banque d’Algérie est en train de faire des ajustements de dinar parce qu’il est actuellement dans un niveau un peu faible, tant que la compétitivité de l’économie est faible aussi. Je pense que l’ajustement monétaire c’est une démarche qui nécessite beaucoup d’intelligence.»